LÉKÔ était d'abord une idée que j’ai longtemps gardée. Une idée née loin du terrain, en Allemagne, mais profondément ancrée dans une réalité que je connaissais bien depuis la Côte d’Ivoire : celle des inégalités d’accès à l’éducation, du manque d’opportunités pour les jeunes, et du potentiel immense qui ne demande qu’à être révélé.
Je ne voulais pas simplement créer une organisation. Je voulais créer un lien. Un lien entre la diaspora et le terrain.Un lien entre ceux qui peuvent agir et ceux qui en ont besoin.Un lien entre les idées et des actions concrètes.C’est ainsi qu’est né LÉKÔ.
LÉKÔ n’est pas seulement un projet associatif. C’est aussi une histoire personnelle. Ce projet fait partie des derniers dont j’ai eu l’occasion de parler avec mon père avant son décès en 2019. Il était enseignant de SVT, profondément engagé pour sa communauté, aussi bien dans le social que dans la vie politique. Depuis mon enfance, il m’a transmis cette conviction que chacun a un rôle à jouer, que l’engagement n’est pas une option, mais une responsabilité. À travers LÉKÔ, il y a une part de cet héritage que je porte et que j’essaie de faire vivre. Chaque action, chaque initiative, chaque projet est aussi une manière de prolonger ce qu’il m’a transmis : le sens de l’engagement, de la transmission et de l’impact.
Les débuts n’ont pas été spectaculaires. Pas de grandes annonces, pas de moyens extraordinaires. Mais une chose était claire : chaque action devait être utile, concrète et ancrée dans la réalité. Très vite, nous avons fait un choix fondamental : ne pas agir seuls depuis l’Europe. Car on ne construit rien de durable à distance. C’est pourquoi une équipe en Côte d’Ivoire s’est engagée à nos côtés. Une équipe de terrain, impliquée, qui comprend les besoins, les défis, et surtout les solutions. Aujourd’hui, cette section ivoirienne , en cours de légalisation , est au cœur de tout ce que nous faisons.
LÉKÔ, ce ne sont pas seulement des idées. Ce sont des actions concrètes.
Ce sont des centaines d'enfants qui reçoivent des kits scolaires chaque année et peuvent enfin aller à l’école avec le minimum nécessaire pour apprendre. Ce sont plus de 200 kits distribués dans une localité comme Ziki-Diès, à Divo en 2025.
Ce sont des jeunes formés à l’informatique, à la rédaction de CV, à la préparation d’entretiens d'embauches, des compétences qui peuvent changer une trajectoire.
Ce sont des activités culturelles, des visites éducatives dans des musées, des moments d’ouverture qui permettent de voir plus loin, de penser plus grand, de nourrir le reve de ces enfants issus de milieux difficiles.
Ce sont aussi des salles de classe réhabilitées et valorisées, parce que l’environnement d’apprentissage compte énormément.
Et derrière chacune de ces actions, il y a des visages, des histoires, des possibles.
Depuis notre création, ce sont plus de 1000 bénéficiaires que nous avons pu toucher.
Et pourtant, nous ne faisons que commencer.
Ce que LÉKÔ représente aujourd’hui. Ce n’est pas simplement une ONG.
C’est une passerelle. Une passerelle entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire.
Une passerelle entre la diaspora et les réalités locales. Une passerelle entre le potentiel et l’opportunité. Nous ne sommes pas là pour “aider” de manière ponctuelle.
Nous sommes là pour contribuer à construire, sur le long terme.
Je vois LÉKÔ comme une organisation capable d’agir à plusieurs niveaux :
Agir sur l’éducation, parce que tout commence là.
Agir sur les compétences, parce que le savoir doit devenir pouvoir.
Agir sur les mentalités, parce que le changement est aussi culturel.
Mais surtout, je vois LÉKÔ comme un modèle.
Un modèle d’engagement de la diaspora.
Un modèle de collaboration entre l’Europe et l’Afrique.
Un modèle d’action qui ne se contente pas de bonnes intentions.
La prochaine étape est claire : renforcer notre présence sur le terrain, notamment avec la légalisation de la section ivoirienne dirigée par le très dynamique Didier Dakoury. C’est une étape essentielle pour aller plus loin, agir plus efficacement, et amplifier notre impact.
Mais au-delà des structures, ce que nous construisons est plus grand.
Nous construisons une dynamique. Une communauté. Une vision.
Depuis 2022,nous avons beaucoup évolué. D’une idée… à une réalité.Et demain, cette réalité deviendra un levier de transformation encore plus puissant. Ce n’est que le début.
Échanges, avec Mélaine Trésor Koffi, fondatrice de LÉKÔ e.V.